« L’écologie : un nom-dit »
Peut-on encore parler d’écologie en 2026 ?
Le mot « écologie » semble disparaître du débat public. Pourtant, jamais les politiques environnementales n’ont été aussi présentes. Ce paradoxe est au cœur de la première étude du Laboratoire de Communication Politique, réalisée par Reputation Age et la Revue Politique Parlementaire.
On constate que l’usage du terme « écologie » recule nettement dans l’espace public. Sur X en 2025, le terme « culture » apparaît 70 fois plus souvent que « écologie », le mot « budget » 40 fois plus, et « armée » 7 fois plus. Autrement dit, l’écologie reste un sujet majeur, mais le mot lui-même s’efface.
Le phénomène se confirme dans la communication politique. L’étude a analysé les messages publiés par une vingtaine de responsables politiques entre 2024 et 2025. Résultat : la plupart utilisent moins souvent le terme « écologie ». Emmanuel Macron passe par exemple de 10 mentions à 6, Gabriel Attal de 12 à 3, Raphaël Glucksmann de 20 à 1, tandis que même Marine Tondelier, pourtant la plus active sur le sujet, passe de 82 à 71 occurrences. Cette tendance se retrouve également dans les campagnes municipales.
Faut-il y voir pour autant y voir un recul de la question écologique ? Les enquêtes montrent au contraire que l’environnement reste une attente forte des citoyens : 74 % des Français considèrent les programmes environnementaux comme un critère important pour les municipales. Chez les 18-24 ans, cette part atteint 76 %.
L’hypothèse avancée par l’étude que le mot « écologie » s’efface parce que ses objectifs se diffusent dans l’ensemble des politiques publiques. L’environnement est de plus en plus traité à travers des enjeux du quotidien (transports, qualité de vie…). L’écologie est donc devenue un « nom-dit », une idée devenue tellement consensuelle qu’elle n’a plus besoin d’être nommée.