ESG Bro passe au crible les 870 résolutions du CAC 40
Reputation Age publie la deuxième édition d’ESG Bro, son projet propriétaire consistant à soumettre à ChatGPT l’intégralité des documents d’assemblées générales 2026 des sociétés du CAC 40, et lui demander de formuler une recommandation de vote, résolution par résolution, avec un prisme d’actionnaire engagé sur les critères ESG.
Nous avions lancé la première édition d’ESG Bro au printemps 2025. Il s’agissait alors de la première initiative de ce type et nous étions convaincus que les acteurs de marché allaient pouvoir s’en inspirer. En janvier 2026, J.P. Morgan Asset Management a annoncé l’abandon de ses abonnements aux services de proxy advisors traditionnels (ISS et Glass Lewis) pour lancer Proxy IQ, un outil propriétaire fondé sur l’intelligence artificielle, capable d’agréger et d’analyser les données de près de 3 000 assemblées générales annuelles.
Sur 870 résolutions analysées, ESG Bro recommande de voter contre dans 27 % des cas. Les augmentations de capital sans droit préférentiel de souscription attirent le plus de rejets, avec 85 % de votes contre, suivies par les résolutions de rémunération (38 %) et les rachats d’actions (34 %). Airbus, L’Oréal et Danone obtiennent 100 % de recommandations favorables, tandis qu’ArcelorMittal, BNP Paribas, Dassault Systèmes et STMicroelectronics figurent parmi les sociétés les plus sanctionnées, avec des taux de contre atteignant 50 à 80 %.
ESG Bro – l’IA qui vote aux AG du CAC 40 en 2026
L’IA produit également des incohérences grossières. Pour Eiffage, elle approuve une politique de rémunération puis rejette son application concrète au motif d’une hausse des accidents du travail. Chez ArcelorMittal, elle avance un résultat net de 11 milliards de dollars là où les documents publiés indiquent 3,5 milliards. Ces failles rappellent que l’IA facilite l’analyse mais ne remplace pas le jugement humain. L’investisseur individuel doit garder une lecture critique et attentive et ne pas prendre pour argent comptant ce que l’IA génère.
Les entreprises cotées doivent désormais intégrer que leurs documents ne s’adressent plus seulement à des lecteurs humains. J.P. Morgan a déjà abandonné les proxy advisors traditionnels au profit d’un outil IA propriétaire. Clarté des résolutions, chiffres précise, cohérence des données d’une année sur l’autre : ces critères déterminent la manière dont une société est interprétée, perçue et recommandée ou non par l’IA. Le Generative Engine Optimization devient ainsi un enjeu stratégique majeur pour la communication financière.